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Le patrimoine pavé

Pavés Molenbeek

Rue de la Carpe à Molenbeek-Saint-Jean. Exemple d’une rue pavée il y a environ cent ans selon les techniques traditionnelles.
© Photo CRMS.

Le patrimoine pavé est aujourd’hui l’objet de controverse. Face aux inconvénients qu’on lui attribue, plusieurs arguments plaident pour une approche prudente et nuancée.

Les places et rues pavées caractéristiques de Bruxelles font partie intégrante du patrimoine de la ville. Elément déterminant du réseau viaire, elles renforcent la lisibilité de la trame urbaine. Elles expriment une continuité dans l’utilisation des espaces publics à travers le temps, enracinant la mémoire collective et soulignant l’identité des lieux. Dans les quartiers dont le patrimoine monumental est modeste, elles incarnent un élément significatif de la cohésion du paysage urbain. Enfin, elles jouent un rôle important dans l’écosystème de la ville et dans sa gestion durable.

Les surfaces pavées de matériaux naturels, dont le relief agit comme un système de collecteurs à petite échelle, réduisent les surcharges brusques des systèmes d’égouttage et les risques d’inondations par pluie d’orage. Leur perméabilité énergétique et leur inertie propre (comparées au béton et surtout à l’asphalte) jouent un rôle de régulation thermique non négligeable en assurant un rafraîchissement naturel en été et en conservant la chaleur plus longtemps en hiver.

Par ailleurs, contrairement à de nombreux autres revêtements de voirie, ce matériau s’inscrit parfaitement dans l’objectif de développement durable : sa longévité est pratiquement illimitée ; les pavés sont réutilisables et se prêtent à une gestion de stocks ; leur mise en oeuvre permet des interventions ponctuelles (canalisations diverses) et des réparations aisées sans mobiliser de grands moyens.

Si ce revêtement ne constitue pas une panacée et s’il peut présenter l’inconvénient de provoquer un bruit de roulement parfois gênant sur les axes de circulation rapide, il faut souligner que cette nuisance est directement liée à la dégradation et au manque d’entretien des voiries, ou encore à de nouvelles techniques de pose inadéquates. En effet, la pose actuelle sur fondation dure plutôt que sur fondement élastique a pour conséquence d’amplifier les bruits et de reporter directement les vibrations de la circulation sur les constructions riveraines. En outre, le renouvellement des fondations en béton est coûteux, pénalisant et polluant au niveau de la durée des chantiers et du charroi qu’ils nécessitent.

Deux types de pavésPar contre, un réel confort d’utilisation est assuré lorsque les pavés sont correctement posés et entretenus. Le choix du pavé (pavés d’échantillon, pavés platines, pavés mosaïques, pavés en porphyre, en granit, etc.) doit être opéré en fonction de l’usage et de la localisation. La pose traditionnelle sur lit de sable avec joints serrés réalisés à l’aide d’un mélange de sable et de bitume – et non pas à l’aide de ciment – garantit une élasticité absorbant chocs et vibration. Le placement correct empêche les pavés de basculer ou de pivoter, et de créer de cette manière un relief accentuant le bruit et particulièrement inconfortable aux piétons ainsi qu’aux cyclistes. La pose traditionnelle combinée avec des bordures de contrebutées en pierre bleue exige un réel savoir-faire qui tend pourtant à disparaître. En le remettant à l’honneur, on contribuera à la fois à préserver le caractère de la ville et à ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles dans un secteur spécialisé.

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